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Interview de la pca de chigata

Rose Dossou PCA de l'ONG Chigata s'est prêtée aux questions du service de comminication de ACONDA-VS-CI le 25 juillet 2008.

  1. Pouvez-vous nous dire qui vous êtes et ce que vous faites ?

Je suis Rose Dossou, PCA de l'ONG CHIGATA. CHIGATA est une ONG de soutien aux OEV (Orphelins et Enfants Vulnérables du fait du VIH-SIDA) crée en 2001.

  1. Comment est née CHIGATA ?

CHIGATA est née après un long cheminement :

J'ai fait partie des premières femmes incluses dans le projet DITRAME (diminution de la transmission mère et enfants) ; à la suite de cela, mon fils a été dépisté positif. C'est dans mes recherches de solution de prise en charge pour mon fils que j'ai créé une association de femmes en 1998 vivant avec le VIH (AMEPOUH) dont j'ai été la présidente jusqu'en 2000.

Depuis le projet DITRAME, j'ai été active dans des groupes de parole, puis ma collaboration avec le Dr Msellati a donné naissance au PROJET ENFANT (PEC en charge médicale et psychologique des enfants infectés). Je faisais le lien entre le projet et la communauté pour informer les parents, les encourager à adhérer, leur présenter les bénéfices de la PEC , en faisant référence à mon histoire personnelle, ce qui facilitait le dialogue, puisqu'à ce moment, beaucoup de fausses idées circulaient sur la PEC des enfants. En 2001, avec mon expérience et celle du projet enfant, j'ai constaté qu'un aspect n'était pas pris en compte : le volet social, avec tout ce que cela comporte, la PEC alimentaire, les problèmes de stigmatisation et de soutien psychologique. C'est ainsi que CHIGATA est née pour pallier à ces problèmes .

  1. Quels sont les objectifs de votre ONG ?

Tout d'abord, améliorer les conditions de vie des familles dans lesquelles un enfant infecté est identifié. La première activité a donc été les VAD (visites à domicile) pour savoir dans quel environnement l'enfant vivait, et de quoi la famille avait besoin. Après les VAD, un récapitulatif des besoins était fait et ils étaient classés en priorité (besoins alimentaires, psychologiques , de soutien pour faire face à la stigmatisation). Après les VAD nous avons instauré les groupes de paroles pour les parents, ce qui leur permettait de parler des problèmes liés à leur statut et à celui des enfants. C'était le seul endroit où les parents pouvaient exprimer leurs préoccupations. D'autres activités ont aussi été initiées : dans les groupes de paroles, des mamans ont été identifiées et formées pour continuer les VAD, parce que nous avons constaté qu'il était plus efficace que des femmes ayant des enfants infectés fassent les VAD ; nous estimons qu'elles feront mieux passer le message dans la communauté.

CHIGATA a repris l'activité de kinésithérapie faisant partie du PROJET ENFANT qui a pris fin en 2004.

Les enfants infectés ont des problèmes respiratoires, de retard de croissance sous plusieurs formes. La kinésithérapie permet de pallier à ces problèmes et aide les enfants à avoir une bonne croissance.

Le centre d'accueil de CHIGATA est né suite à une expérience rencontrée en 2003 pendant la crise que la Côte d'Ivoire a traversée : une maman de l'intérieur du pays, suivie au CePReF avec son enfant, est décédée. L'enfant a été rejeté par sa famille d'accueil, et déposé à CHIGATA. Cet accueil, prévu pour une journée, a duré 2 ans. L'enfant avait 6 ans. Cette situation imprévue a provoqué la création du centre d'accueil : il a fallu trouver des personnes disposées à rester en permanence à CHIGATA (des assistantes maternelles) alors que la création de ce centre ne faisait pas partie des priorités aux débuts de CHIGATA.

  1. Quels sont les résultats attendus ?

Prendre en charge un grand nombre d'enfants et avoir les moyens de les soutenir. Avoir un centre pour ces enfants qui ne peuvent pas vivre comme les autres à cause de leur statut.

  1. Quels sont vos partenaires ?

Les activités de CHIGATA bénéficient de l'aide de différents partenaires : ACONDA (pour la distribution des petits déjeuners au Cepref pour les enfants et patients adultes reçus en consultation), Alliance-CI (pour la PEC sociale, les VAD, les groupes de parole et les cours de renforcement), Sidaction (pour les frais de fonctionnement du centre d'accueil), Solidarité-SIDA (pour les frais d'ordonnance et de consultations médicales, les VAD et l'aide scolaire), UNICEF (pour les kits scolaires).

Par le passé, CHIGATA a bénéficié de l'aide ponctuelle d'autres partenaires : PN-OEV, UNAIDS, PSI, Plateforme ELSA, Banque Mondiale, PEPFAR, MLS, CNPS, FHI, GTZ, PN-OEV, UNICEF, Cabinet de la Première Dame , Mairie de Yopougon, BNI, Village Bon Samaritain.

Nous sommes toujours à la recherche de bailleurs de fonds pour mener à bien toutes nos activités

  1. Au CePReF (l'hôpital d'ACONDA), on parle très souvent de CHIGATA. Quels sont vos domaines d'intervention sur ce site ?

Il y a d'abord les VAD aux enfants identifiés au CePReF.

Il y aussi le petit déjeuner pour les patients du CePReF : à une époque, il y avait une très longue file d'attente. Certains patients sous ARV reçus au CePReF arrivaient à jeun parce qu'il fallait arriver tôt. C'est de là que l'idée de distribution du petit déjeuner est partie. En leur offrant ce service, nous avons pensé que cela pouvait les encourager à attendre la consultation.

Il y a enfin la distribution de kits alimentaires pour les familles les plus démunies.

  1. Quelles sont les grandes difficultés que vous rencontrez à CHIGATA ?

Nous n'avons pas assez de financement pour répondre aux sollicitations des familles, alors qu'après les VAD, nous connaissons leurs besoins.

Il y a aussi un grand problème de local pour accueillir les enfants : le local est actuellement subventionné grâce à SIDACTION ; nos services traiteur et la cafétéria nous aident à compléter, mais malgré tout cela, nous n'arrivons pas à réunir suffisamment de fonds. De plus, nous n'arrivons plus à satisfaire les demandes d'accueil.

Toutes les personnes qui travaillent à CHIGATA sont bénévoles et ne bénéficient que d'une prime de transport, lorsqu'une activité est subventionnée. Lorsqu'un fonds s'arrête, on ne peut même plus leur donner cette prime.

  1. Pour cette année 2008, quelles sont les perspectives ?

Avoir les financements pour travailler véritablement : jusqu'ici, les activités menées sont insuffisantes et ne sont pas menées en continu sur toute l'année par manque de financement.

  1. ACONDA et vous, une belle histoire d'amour ?

Oui, il y a une belle histoire entre ACONDA et moi : je suis patiente du CePReF depuis 1996, ensuite je fais partie des membres fondateurs d'ACONDA. On a toujours travaillé ensemble depuis le PROJET ENFANT. ACONDA a décidé par la suite de mener des actions à l'endroit de CHIGATA : le petit déjeuner, la distribution des kits alimentaires et la kinésithérapie ont été soutenus par ACONDA.

Depuis juin 2008, j'ai intégré l'équipe de mobilisation communautaire d'ACONDA. Le Directeur Exécutif m'a demandé d'apporter mon expérience dans ce domaine qui prend de l'expansion.

Je cumule maintenant mes fonctions à ACONDA et à CHIGATA.

  1. Quel est votre mot de fin ?

Je suis heureuse de faire mon travail à CHIGATA et à ACONDA, les deux vont ensemble : je suis dans mon domaine et je me sens bien. Je souhaite que cette collaboration se déroule bien et que la communauté bénéficie de mon expérience.

 

 
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